Si l'article Microsoft pris dans la toile... chronique d'une mort annoncée
est un éveil à l'essai disponible en .pdf
dont les auteurs sont deux spécialistes, un en mathématique, l'autre en informatique, il paraît intéressant à démontrer
que le média Internet pourrait s'avérer la fin d'un Dinosaure informatique, succombant à l'explosion du météor que se
trouverait être les Logiciels Libres, dont le Projet GNU, emblématique patrimoine culturel et mondial unesco, est le phare
et fer de lance...
Pourquoi annoncer haut et fort que Microsoft pourrait bel et bien disparaître dans "la lutte" ?
S'il est vrai qu'il posséde 90% des parts du marché informatique PC, du commun des mortels dont je suis, s'il est vrai que
la marge brute des bénéfices de Microsoft est supérieure à 85% (...) et ce au moins pour Windows et la suite Office
comment peut-on héler les gens en leur affirmant la fin d'un monde ancien ?
Internet : Chacun en a entendu parler ! D'aucun l'utilise... Là, est la racine du "mal".
Ainsi que nous l'explique, cet essai (qui date de février ... 2004) on assiste là (...) à un combat symbolique
et culturel d'une rare intensité et qui fait charnière (...) au seuil de la société en réseau.
Pour parler de cette opposition (...) entre le mode de fonctionnement "ancien", celui de l'économie industrielle
poussée à ses dernières extremités, et le mode de fonctionnement nouveau, illustré par le réseau Internet et GNU/Linux, certains
évoquent une nouvelle éthique (...).
Il ne s'agit pas, en effet, de prétendre que tel modèle est "meilleur" - au sens moral ou étique qu'un autre - mais
de montrer (...) qu'il est moins bien, ou mieux adapté aux circonstances concrètes, réelles du monde contemporain.
Ainsi d'argumenter par un laïus qui nous prouve que de passer du travail "souffrance" au travail "passion" est intéressant
à plus d'un point. Et, ce même si travailler "sans efforts" c'est un amusement qui demande beaucoup d'efforts
,
cela est de l'ordre du symbolique puisqu'il est réducteur à tenir compte du champ de l'identité : Je donne donc je suis
.
Or, le travail "souffrance" ne tient compte en rien de cette dimension.
Si Bill Gates doit sa fantastique réussite à son talent et au fait que l'informatique est devenue incontournable
,
c'est la généralisation de cette informatique (...) et du développement d'Internet
qui risque d'apparaître dans
un avenir proche comme une des principales raisons de son échec futur
et possible.
La mauvaise nouvelle, pour Microsoft s'entend, c'est que les 15 ou 20.000 programmeurs de l'entreprise ne
représentent qu'une goutte d'eau par rapport au vivier potentiel ou déjà à l'oeuvre de millions d'experts en tout genre qui
"s'éclatent" sur Internet, en partageant, dans un bouillonnement créatif sans précédent, leurs interrogations et leurs
succès, dans une liberté, sans doute quelque peu chaotique, et conviant des millions d'utilisateurs à leur renvoyer l'écho
des usages des logiciels développés et de ce nouvel "être ensemble" permis par le réseau.
Lorsque vous éclairez la lanterne de quelqu'un, vous ne vous appauvrissez que du pouvoir que vous aviez sur lui.
Un logiciel libre est gratuit, une fois qu'il est payé.
Telles sont les idées leitmotiv, vecteur de cet essai, qui tend à nous montrer les avantages du fonctionnement des
Logiciels Libres, certes, mais aussi et surtout du Pouvoir économique qu'est Internet sur lequel repose le fondement
de partage, "le don", de ces fameux logiciels libres.
Avec, quand même (...) une restriction juridique de taille : la Licence GPL qui ne donne aucune liberté
aux ennemis de la liberté et interdit, à l'opposé exact des licences classiques, de contraindre la liberté d'utilisation,
de copie, de modifications des logiciels libres.
Le modèle économique de l'industrie du logiciel glisse ansi doucement vers un modèle de service.
Internet est l'évènement le plus important depuis l'invention du PC d'IBM en 1981... dixit Bill Gates.
(...) D'autres l'avaient imaginé avant, Stallman en particulier, mais on doit à Linus torvalds de l'avoir démontré
magistralement, et concrétement, au point de faire trembler le géant Microsoft.
(...) Le modèle tire sa force d'une logique autorégulée. (...) Le bien commun. C'est la Copyleft attitude.
Cette nouvelle forme d'organisation, basée sur des interrelations non hiérarchiques, (...) peut difficilement être copiée
ou reproduite par une entreprise qui a bâti son succés sur un tout autre mode d'organisation. D'où les difficultés de
Microsoft d'abord à comprendre, puis à contrer GNU/Linux.
"Aux frontières de la modernité, c'est maintenant l'échange marchand qui fait figure de parent pauvre par
rapport à la circulation du don. La fermeture du travail intellectuel est mise au défi par une méthodes de travail bien
plus efficace : l'ouverture." (...)
De fait, les armes ne sont pas égales. D'un côté, la puissance financière et marketing de Microsoft, mais au service
d'une vision, (...), des rouages de l'économie. De l'autre, une armée innombrable, inter-reliée par le talent, le goût du
partage, et par-dessus tout, une passion commune : l'attitude (...).
C'est ainsi que le dominium que représente Microsoft, mais aussi et surtout, l'attitude commerciale d'"enfermement" des
clients au sein d'une logique financière qui bien souvent les dépasse, mais dépasse surtout la profondeur de leur porte-monnaie,
mène à des dégats de pratiques pas toujours très claires et donc de procès qui retentissent fort négativement sur l'image
marketing de ... Microsoft, elle-même.
Aucune entreprise ne peut plus, de nos jours, se tirer indemne de jugements américains ou
européens
confirmant des plaintes pour abus de position dominante (...). Essayez en France, par exemple, d'acheter dans une grande
surface un ordinateur sans Windows pré-installé. Cela n'est pas possible, au mépris de la loi elle-même, qui sépare
pourtant le matériel du logiciel, et qui interdit la vente liée qu'elle assimile à de la vente forcée. (...).
L'autre argument qui tend à prouver qu'Internet tuera Microsoft, si possible est, est la nécessité d'interopérabilité
qu'impose la communication inter-réseaux. Les réels standards, ceux du W3C, et non les standards de fait que souhaite
profondément nous imposer Microsoft ! Ces standards qui sont tout autant ouverts, non seulement de droit mais d'actes aussi.
Est-il besoin de nommer la norme XML, le berceau de tout logiciel qui se veut communiquant avec l'extérieur, dont on sépare
les données du traitement de la donnée !?! Encore un effet du réseau Internet
.
C'est bien beau de démontrer la "pourriture" ambiante du marché modèle économique imposée de
fait par Microsoft, mais qu'en est-il du coût des Logiciels Libres ?
La "liberté" a un coût, celui des coûts de migration (...).
Nous n'oublierons pas non plus ici de mentionner, outre les facteurs techniques ou financiers d'amortissement des
investissements informatiques, les blocages "culturels" qui constituent une inertie considérable (...). (...) les mêmes
freins qui étaient à l'oeuvre aux débuts de l'informatique de masse. (...). Cette résistance au changement nous traverse
tous.
Ce n'est qu'une question de temps, de masse critique.
L'ouverture des standards, et en particulier des formats de données, va sans doute enlever toute
justification pour pirater les produits informatiques et bureautiques (...). Entre pirate et client, existe dans de
nombreux cas la double alternative d'être libre et honnête.
Cela aussi fait partie du prix à payer... "j'achète ma liberté, mon honnêteté" !
Sans oublier l'aspect et la dimension politique :
Les principes élémentaires qui inspirent le Projet sont liées aux garanties fondamentales d'un Etat
démocratique de droit, telles que :
- - Libre accès du citoyen à l'information publique ;
- - Pérennité des données publiques ;
- - Sécurité de l'Etat et des citoyens.
Pour garantir le libre accès des citoyens à l'information publique, il est indispensable que l'encodage des données
ne soit pas lié à un fournisseur unique. (...) il est indispensable que l'utilisation et le maintien du logiciel ne
dépendent pas de la bonne volonté des fournisseurs, ni des conditions de monopole imposées par ceux-ci.
dixit le député Villanueva Nuñez !
Les enjeux sont clairs. (...) un impératif démocratique. En fait, les collectivités publiquent (...) devraient
partager avec l'Internet et les Logiciels Libres la même nature, les mêmes valeurs : l'accessibilité, le droit de ne pas
être exclu, le patrimoine public.
Le mot d'ordre : "logiciel libre autant que possible et propriétaire seulement si nécessaire"
.
Beaucoup de décisions à prendre sont politiques, sociales et non techniques : comment donner à tous
l'accès au Web, comment protéger les enfants... Quelle que soit leur culture, les citoyens doivents s'engager dans l'impact
social et politique de la technologie numérique, afin de faire en sorte que cette nouvelle ére reflète bien la société
qu'ils désirent.
Ces mots de la fin, que nous devons à Bill Gates, permettent d'entrevoir que nous avons chacun une responsabilité à
jouer dans notre liberté. Cela implique deux mots : Liberté ... et ... responsabilité.
Deux mots que beaucoup de gens n'aiment pas !
Deux mots qui s'ils sont pris à coeur, fonderont un monde construit sur l'éthique, le partage, la transparence, l'ouverture,
où l'argent, où le profit des uns n'exclut pas les autres
!
C'est vrai que c'est plus facile à détester quitte à essayer de juguler... jusqu'à quand ?!
P.S : Cet article est tiré de l'essai publié à HEC en février 2004 par Bruno Lemaire, docteur en mathématiques
et en économie, et par un spécialiste des TIC
auprès des collectivités territoriales, Bruno Decroocq. Cet article se fait tout simplement l'écho, autant que cela est
possible, un résumé d'esprit de cet essai.